03 juillet 2009
Pourquoi pas ?
Un homme se promène avec sa poubelle géante dans l'autobus.
Six jeunes garçons s'engouffrent dans le métro et se penchent tous en même temps pour nouer leurs lacets.
Un homme a découpé deux trous dans son journal pour pouvoir regarder à travers.
Apprendre des danses de Macédoine et de Roumanie au bord d'un lac aux castors sans castors.
Faire 20 km en pleine nuit avec 6 kilos sur le dos.
Cuisiner de 10h00 à 19h00 sans s'arrêter et être incapable de manger avec les autres.
Se faire offrir un livre dont on avait lu que la moitié et qu'on avait été obligée de rendre à son propriétaire.
Se faire offrir un reblochon congelé pour ses 25 ans et en sauter de joie.
Se promener aussi avec une poubelle dans l'autobus.
12 mai 2009
Tout est calme dans le parc
voici un texte entrelacé que j'ai composé cette année à l'atelier:
C'était une journée idéale pour aller se balader dans le parc avec les enfants. On était en mai et le soleil resplendissait.
Capitaine ! Nous avons un problème ! Prévenez la reine ! Les ennemis attaquent ! Ils ont déjà franchi la frontière !
Ils aimaient les mercredis après-midi, ils riaient et couraient dans l'herbe. Il n'y a rien de meilleur pour le moral que le rire des enfants.
- Combien sont-ils ?
- Plus de cinq cents, ils approchent du mont de terre. Des noires encore une fois, il faudra se battre jusqu'à la mort ! Faites sonner l'alaaarme !!
Ils jouaient à des jeux qu'ils s'inventaient, dans leur petit monde, s'imaginaient princes, princesses, rois ou reines, chevaliers ou soldats.
Chargez à l'assaaaut ! A mort, sus à l'ennemi !
En rangs serrés, les deux camps s'affrontèrent soudain ! Chocs violents, massacres, membres arrachés, corps jonchant le sol terreux, bruits sourds de mandibules...
Boum, pan, je suis le gendarme, vous êtes les voleurs.
En les regardant, je me replongeais dans mes souvenirs : mes petits soldats de plomb, mon château-fort, les cow-boys et les Indiens...
Serrez les rangs ! Chargeeez ! L'armée noire se décime, il y a du sang partout.
La bataille tourne à l'avantage des rouges qui se mettent à chanter des chants lugubres qui glacent les survivants !
Ils s'éloignèrent et se regroupèrent en formant un cercle, scrutant le sol.
Qu'ils étaient mignons ces petits anges!
Hé r'gardez, des fourmis!
La bataille est terminée ! Hourrah ! Nous avons vaincu !
Les noires ne sont plus ! Rentrons prévenir la reine !
Mais qu'est c'que c'est que ça là- haut ?
Vas-y, c’est celui qui en écrase le plus :
une, deux, trois, quatre... et r'gardez, elles courent super vite, ces fourmis !
Rentrons au camp ! et vite !
Une deux, une deux, une deux...
boum, flop, scratch, flap...
Ha c'est Nicolas qui a encore gagné !
Il gagne toujours à ce jeu-là !
Hé hé ! trente-neuf à moi tout seul !
Les enfants, voilà le marchand de glaces !
Tout est calme dans le parc.
Guillaume
La partie est terminée!
Voilà une nouvelle que j'ai écrite cette année, n'hésitez pas à dire ce que vous en pensez! bonne lecture! Guillaume
L'été de mes douze ans, je quittais le soleil du mois d'aout pour me plonger dans l'obscurité mystérieuse de cyber-arcade, la nouvelle salle de jeux vidéos.
J'avais eu de l' argent par mes parents et ils me donnèrent la permission d'y aller m'amuser avec mes amis.
* * *
Les jeux vidéos avaient fait de réels progrès en l'espace de 20 ans, une nouvelle salle de jeux ouvrit dans notre ville en été et nos enfants s'y engouffrèrent par dizaines dès son ouverture.
* * *
Le responsable avait acheté des jeux de toute sorte. Des anciennes bornes d'arcade à l'entrée et des simulateurs dernière génération dans l'arrière salle. On était émerveillé: les bruits et les images nous enivraient. On a tout essayé! Dès qu'on avait du temps libre, on s'y retrouvait.
* * *
Nous les voyions de moins en moins pendant le weekend-end. La semaine, ils demandaient s'ils pouvaient nous aider en échange d'une petite somme d'argent. Le samedi, ils se rendaient tous au cyber-arcade. C'est alors qu' arriva ce fameux tournoi. Un tournoi régional, des adolescents de toute la région s'étaient rendus dans notre ville. Sam, le directeur de la salle de jeux avait annoncé que le vingt meilleurs joueurs du tournoi allaient pouvoir tester les nouveaux simulateurs de vol.
* * *
Et puis on s'est inscrit pour le tournoi. Pouvoir tester les derniers jeux gratuitement et avoir accès à tous les autres en illimité, c'était vraiment beaucoup à vouloir aller en finale! Sam lança le top départ et on se défia au score sur le dernier fighting simulator, un jeu de combat aérien.
* * *
Certains de nous se rendirent au tournoi ce jour là. La salle résonnait de tintements, de craquements, de cris de victoires, de cris de déception... Des bruits de guerre, lourds, oppressants, violents...
* * *
Le soir, on était plus que vingt. Sam nous félicita devant tout le monde et nous emmena dans une pièce inconnue jusqu'alors. Il nous présenta des machines dernier cri, écran plat, haute définition, son Dolby Surround, bref de la haute technologie. On s'y croyait vraiment. Et il nous fit faire un pacte...
* * *
Le soir venu, les vingt adolescents sélectionnés eurent accès à un espace gardé et fermé avec précaution. Nos enfants devinrent différents, ils ne venaient plus nous raconter leur journées, leur tourments. A peine arrivés, ils s' isolaient dans leur chambre, certains lisaient des magazines de jeux vidéos, d'autres restaient sans rien faire. Ils étaient figés dans un silence peu commun et n'arrivaient plus à dormir.
* * *
Mission n°1: Faire exploser 30 commissariats en moins d'une heure
Niveau: Facile
On devait bien viser et respecter le temps imposé. Cette mission était plutôt facile: quand on s'y mettait tous, le commissariat ne résistait pas longtemps. On a tous eu un score dans le classement des meilleurs.
Mission Accomplie
Mission n°2: Détruire 50 bastions militaires en évitant des canons anti-avions
Niveau: Moyen
Le plus dur c'était de bombarder les canons anti-avions: Ils nous tiraient dessus en rafales et on devait s'éloigner et revenir après. La mission n'était pas chronométrée et elle nous prit plus de temps que la première.
Mission accomplie (pour certains)
La moitié d'entre nous perdit la partie, et Sam sombrait dans une étrange colère quand un joueur se faisait tuer. Ceux qui avaient perdu la partie ne pouvaient pas revenir le lendemain. On commençait à se poser des questions, c'était bizarre...
* * *
Nous allions voir des médecins, des psychologues pour comprendre leur comportement, mais c'était décevant: la crise d'adolescence était le diagnostic en général. Peut être était ce à cause des évènements récents, de la panique ambiante des informations sécuritaires de la télévision...
Nous ne communiquions plus avec nos enfants, il fallait faire quelque chose mais quoi?
* * *
Mission n°3: Détruire tous ensemble un bâtiment sous très haute protection
Niveau: Difficile
Cette mission était vraiment dure, la cible était protégée par des dizaines de bazookas au sol. On a réussi à y lancer quelques grenades explosives mais on a été vite dépassé en nombre et on a tous perdu cette mission.
Mission échouée
* * *
Puis on sut ce qui se passait, les médias, les journaux, le pacte, tout s'éclaira!Nous ne pouvions vraiment pas savoir, Nous étions loin de nous imaginer...
* * *
La Voix du nord: Intervention du GIGN dans un cyber-arcade à Lille, le réseau anarchiste responsable de la série d'attentat démantelé.
Lille plus: L'escadron télécommandé lillois s'attaque à l'Élysée et se fait détruire.
Le Monde: France: attentat de bastions militaires 5000 morts.
20 minutes: Explosion de 30 commissariats dans la région parisienne.
* * *
La partie est terminée!
Odeurs de café
Odeurs de café, boissons houblonnées,
La vie passe comme le liquide fuit...
Et les générations se succèdent, s'embrassent, festoient, se réconfortent, se confortent,
Confortablement installés...
Et leurs enfants viendront peut être à leur tour
Acheter un moment de vie...
Odeurs de café, boissons houblonnées
La vie passe comme le liquide fuit...
07 mai 2009
Au péril de leur vie :-(
Pour mieux les comprendre : http://bejaiadoc.blogspot.com/2009/02/doc-harraga-edition-rfd-07.html
02 mai 2009
Coïncidence
Aujourd'hui, à la chorale, une fillette nous rejoint. Nous chantons un chant lent et triste et recherchons au fond de nous même un deuil pour y mettre du cœur. On lui demande ce qui l'inspire. Elle nous dit qu'elle a perdu son père. Il est parti pour de bon, il a pris un aller sans retour vers le monde que nous ne connaissons pas. Elle aurait peut être mieux aimé qu'il s'en aille moins loin, plus près, quitte à aller chez la femme de sa vie, quitte à partir dans la nuit, comme dans la chanson d'hier.
Je fais des cauchemars en ce moment. des fois j'en ris au réveil tellement je me demande où mon esprit est allé pêché de pareilles bizarreries! J'ai rêvé qu'une amie avait perdu son mari, qu'il est mort dans un accident de voiture. J'étais si désolée dans mon sommeil, mais au réveil je me suis dis que ce n'était pas sympa de ma part de rêver cela :-)!! Suite à mon réveil, dans la matinée, une personne de mon entourage proche m'apprend qu'elle doit aller à l'enterrement du mari d'une amie...Je serais ravie de déduire de ceci que j'ai un don de double vue!! :-D mais je vais attendre de faire deux où trois rêves avant...quoi que...vu le dernier cauchemar que j'ai fais, il vaut mieux que je ne sois pas voyante!!...J'ai rêvé que le monde entier était frappé par un phénomène apocalyptique!! une communauté d'êtres humains égoïstes kidnappaient les gens pour leurs voler leurs yeux sains et les greffer aux leurs...Il y avait comme une pénurie d'yeux sains. En fait, les gens devenaient borgne, je ne sais pas ou plus pourquoi!! Je m'enfuyais tout le temps, je m'enfuyais vite, de toute mes forces!! Il ne fallait pas qu'ils me rattrapent...cependant dans ma fuite, je savais que je laissais ma mère et mon petit frère et qu'on leur volerait probablement leurs yeux!!! Je ne savais pas quoi faire!! Revenir au risque de me faire attraper ou partir et espérer que maman et p'tit frère s'en sortiront??? Je crois que c'est sur ce dilème irrésoluble que je me suis revéillée. C'est le genre de cauchemar duquel j'emerge en me disant : Ouf! la réalité est autre! et je n'ai pas de choix aussi horrible à faire...pour l'instant du moins, puisque la vie est dure.
01 mai 2009
Tristesse...profonde
Pourquoi me fait-elle pleurer cette
chanson? « Papa t'en va pas » de Elsa. C'est
tellement triste et je n'aimerais pas faire ça à ma
fille. J'ai de toute façon promis à mes enfants que je
leur choisirai un bon père. Mais pourquoi pleurer? Mon papa à
moi n'est jamais parti. Je ne comprends pas tout ce que je ressens de
toute façon. Ça doit être horrible pour une
fillette de voir son père partir et quitter sa mère.
« Comme un voleur, il est parti sans moi » dit-elle. Que ressent une fillette qui le voit s'en aller comme ça,
sans elle? Il n'aime plus sa mère...et l'amour duquel elle est
nait n'est plus désormais!!!! L'aimera-t-on jamais?? « Où tu
vas...Quand tu t'en vas d'ici...j'arrive pas à vivre sans
toi...avec la femme de ta vie... » dit elle. Mais pourquoi
est ce que ça me fait mal? J'ai l'impression qu'une petite
fille se cache au fond de moi, mais je ne sais pas qui est parti...Je coupe le son. Pourquoi le silence d'un coup est-il si plein de vide?
04 mars 2009
J'aime les étoiles filantes
J'aime les étoiles filantes.
Quand on est à deux
Et qu'une d'elles apparaît,
On a toujours l'impression
D'être les seuls au monde
A l'avoir vue.
Mon Amour
Il y a des choses que je n'oublie pas
Même si elles sont moins vraies que toi
J'essaie de les murmurer
De les chanter tout bas
Pour les garder, les faire et puis refaire
Peser leur poids
Pour continuer à t'aimer
Haut et fort
Auprès de tout.
Pour poser un genou, rendre mon âme
Pour oublier mes yeux, ma bouche, mes rivages
Pour fondre en murmures de ruisseaux,
En cris d'orages
Pour donner ma main à la tienne,
Celle du monde.
Pour poser un genou, rendre mon âme
Pour oublier ses yeux, sa bouche, ses rivages,
Pour fondre en murmures de ruisseaux,
En cris d'orages
Pour donner ma main à la tienne,
Celle du monde.
09 janvier 2009
Otis Redding...Soul, oh my soul!
Quand j'entends cette voix retentir, tout mon être profond, figé dans un temps intemporel se "mièlénise", je veux dire qu'il fond comme du fer sous haute température, comme du verre soufflé, et prend la consistance du miel. Mais cela suffira-t-il?
Tristesse? Qu'est ce? Mes larmes ont séché il y a si longtemps. Pleurerai-je pour si peu quand je n'ai pas pleuré dans les année 1990 pour les milliers de femmes à qui on a coupé les seins?...C'est ce que ma tante avait dis...ils leurs coupaient les seins pour finir. Que vaut ma petite personne malheureuse face à la misère du monde? Mes amis me racontaient qu'ils pleuraient toutes leurs larmes en famille face au petit écran...face aux témoignages déchirants de ce qui avaient été kidnappés...violées par...eux. Je ne regardais pas et je culpabilisais. Mais à présent je sais que le silence face à ce petit écran aurait été de trop. Et puis pourquoi traumatiser le peuple téléspectateur d'avantage?! Pourquoi entrer dans le jeu de la TERREUR?
Je mets quand même ma mini jupe pour aller au collège. Je sais ce que je risque sur le chemin. Je fais attention quand je passe devant une camionnette, un fourgon. Mais la libérté n'a pas de prix. La libérté à tout prix.
Je trouvais spécialement de mauvais goût quand on me sortais la blague:"ils te kidnapperont pour que tu roule le couscous la haut, ils ont besoin d'effectif...". Et il a bien fallu que la collectivité rît de ses malheurs.
je me demandais si la vie était belle et si nous allions nous en sortir. J'ai finit par croire que non, à me résoudre, avec du noir à l'âme, au jamais. Et aujourd'hui, qu'est ce que je crois?
Le quotidien avait enlacé l'incertitude comme on enlace une vieille amie. Elle lui était chère et elle ne peut que l'être quand vous n'êtes pas sure de rentrer chez vous le soir. Le lendemain matin, vous apprenez combien de personnes ont disparue de la surface de la terre et dans quelles circonstances. Vous avez aussi pris le bus, vous avez aussi patienter à tel station de taxi, vous avez aussi traversée la rue qui a été le champ meurtrier de la veille...et vous êtes encore là. Du bol pour cette fois. Mais vous ne stressez pas outre-mesure car, ne l'oubliez pas, l'incertitude est votre meilleure amie, la plus fidèle...Vous ne lui êtes pas fidèle par contre car... Vous avez beau vous dire que peu importe au fond que ce soit l'autre ou vous qui ait eu du bol hier, vous n'en pensez rien et restez convaincu quelque part que ce sera toujours l'autre de mauvais côté du destin.
J'ai toujours été du bon côté. Comment cela se fait? Je suis aussi passée par une rue en son maudit jour. J'eus du bol de ne pas être passé une heure avant ou une heure après...je ne sais plus. Un jour quelqu'un que j'aimais beaucoup a pensé que je ne pouvais pas être touchée par ce qui est arrivé puisque je n'y étais pas vraiment exposée...je ne l'étais pas en effet. Mais en ce temps, je me disais que j'aurais aimé l'être. Ce n'est pas facile d'être toujours du bon côté du pays. Ce n'étais pas qu'une affaire de destin.
Je me souviens de la neige sur une montagne au sud de la capitale. La famille, les cousins cousines, le chalet en bois, le froid dehors et la chaleur plein le cœur. Que du bonheur...parmi les moments dont on se souvient sur son lit de mort, je suppose...de ces moments qui emplissent d'une douceur et d'une joie de vivre telles, que les invoquer apaise les peines les plus insupportables et insuffle la force dans les plus grandes vulnérabilités. C'était avant le cauchemar tout cela. Pendant le cauchemar, "la haut où on roule le couscous" pouvait être sur cette montagne, comme sur une autre, dans une forêt... finit la nature, finit la culture, bonjour la précarité, la corruption, l'injustice...tout les coups sont permis pour les plus tordus quand la TERREUR monopolise la scène. Coriace, le peuple, bien sur, continue à vivre, à chanter, à danser. Avec les moyens du bord, il continu à naviguer vers le futur, main dans la main avec l'incertitude avec laquelle il fait mine de faire alliance. Mais sait il espérer? Sait il encore se sentir acteur de son destin et réagir?
Je ne sais pas, je ne sais rien d'aileurs, et j'étais peut être plus philosophe quand j'étais ado, alors j'écoute en attendant "My lover's prayer" de Otis, qui n'a aucun lien avec ce que je raconte mais qui me fait trop de bien.




